Conférence MPEVH sur le plaidoyer et le lobbying citoyen avec Benjamin Sourice, auteur du livre "Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen". (acheter Sur Decitre ou Sur Fnac.com ou Pour les parisiens, sur Librest ou Vérifier la disponibilité de ce titre chez un libraire près de chez vous ou Sur Lalibrairie.com ou télécharger)
Très bonne analyse du fonctionnement des lobbys au Parlement Européen ou à la Commission Européenne, explication pourquoi les Britanniques ont voté BREXIT pour reprendre en main leur pouvoir législatif.
Lors de cette occasion, il a opposé le terme « plaidoyer », représentant un intérêt général, citoyen ou associatif au « lobbying », représentant des intérêts particuliers et privés. Pour lui, il ne s’agit pas d’interdire le lobbying, mais de lui créer un contre-pouvoir, un « contre-lobbying » capable de rééquilibrer le rapport d’égal à égal que les lobbies entretiennent depuis l’origine avec le pouvoir.
Pour lui, les hommes politiques sont responsables de leurs décisions et sont redevables devant leurs électeurs. Il faut non seulement encourager le dialogue, mais l’homme politique devra aussi rendre des comptes sur ses positions ou, par exemple, sur ses visites sur le terrain. Dans ce sens, l’association « Regard citoyen » a créé un site nommé « www.nosdeputes.fr » qui reprend de façon lisible l’ensemble des activités des hommes politiques et les classifie sur la base de leur participation, de leur présence à l’assemblée et des amendements déposés.
Dernièrement, le législateur utilise l’argument de « gestion de risques » pour relayer la responsabilité et in fine la décision à l’expertise. Mais comment les citoyens peuvent-ils s’emparer des questions techniques ? Si les experts ont une légitimité scientifique, les citoyens quant à eux, jouissent d’une légitimité supérieure- celle de la démocratique naturelle. Ainsi, ce n’est pas au citoyen de devenir un expert, mais c’est au contraire à l’expertise de l’informer suffisamment sur les questions, pour ensuite lui demander un avis à valeur décisionnelle.
Enfin, les activités de lobbying doivent s’exercer avec plus de transparence. Le Canada a d’hors et déjà pris des mesures contraignantes afin de clarifier les pratiques: registre obligatoire des lobbies reprenant les intervenants(cabinets de lobbying, entreprises et avocats d’affaire), les mandataires et les montants en jeu. L’activité y est strictement régulée par un commissaire au lobbying en charge de vérifier et distribuer les accréditations, les documents transmis entre les parties strictement répertoriés. Tout cadeau ou toute rencontre en dehors du cadre institutionnel y est aussi systématiquement proscrit. A contrario, l’Europe maintient la déclaration des activités de lobbying à la seule base volontaire, persuadée, sans doute, de la capacité des acteurs à s’autoréguler.